Comment gérer les écarts de conduite des adolescents en séjour ?

Coucou les voyageurs !

22137129_10155698809398774_8939563158040277330_oOctobre Rose

Que ça fait plaisir de prendre un peu de temps pour vous écrire =)

Suite aux commentaires d’une lectrice qui aimerait se lancer dans l’animation, je me suis dit que j’allais vous parler des écarts de conduite de nos jeunes auxquels on peut être confronté en séjour. Encore une fois il n’y a pas qu’une seule façon de les gérer. Je ne vais pas vous parler de la multitudes des cas possibles (variants selon la réaction des jeunes, des adultes, des protagonistes, du groupe, du pays, des organismes, des visions partagées…) ni des solutions diverses et variées. En effet je vais juste partager avec vous ma façon d’anticiper et de s’adapter à ces imprévus au regard de mon vécu et de mes expériences. Mais peut être que j’y reviendrai de manière plus approfondie et plus précise dans d’autres articles comme des études au cas par cas. N’hésitez pas à rebondir en commentaires ou encore à me donner votre vision des choses, partager des conseils. Je vais utiliser les questions que cette lectrice m’avait posée pour rebondir et vous apporter des réponses.

Comment réagissez-vous lorsqu’un jeune consomme de l’alcool ou de la drogue ?

La communication est la base de tout selon moi. Le cadre de fonctionnement doit être posé dès le début du séjour. Les consommations d’alcool et de stupéfiants chez les mineurs sont strictement interdits en séjours. A l’étranger, en fonction de la destination, certaines lois sont encore plus durcies. Je vous invite à vous rapprocher de la législation en fonction du pays de votre séjour pour regarder les risques encourus par nos jeunes s’ils s’amusaient à consommer de l’alcool ou même commettre un vol. Donc aucune souplesse n’est permise. En revanche, goûter un alcool typique (par exemple l’ouzo ou le kitron en Grèce) dans une visée éducative, culturellement gustative (une ou deux gorgées), sera plus légitime. A partir du moment ou cette règle non négociable a été exposée aux jeunes, si les jeunes décident de l’enfreindre, ils ne pourront pas reprocher à l’équipe d’animation qu’ils n’étaient pas au courant.

Pris sur le fait, l’équipe d’animation discute avec le jeune/les jeunes. On prévient ensuite l’association qui nous dicte la conduite à suivre. Rassurez-vous, même si nous sommes à l’étranger, loin de tout, nous ne sommes jamais seuls. Les organismes ont des permanences qui peuvent être sollicitées H24 quelques soient nos besoins/urgences. Et ils sont toujours de bons conseils/de solutions, ils sont là pour ça ! Et finalement, ils sont d’autant plus efficaces car ils sont loin. En effet, n’étant pas au cœur du séjour, ils n’ont pas la « tête dans le guidon » comme on dit. Ils ont alors toutes les armes pour nous aider à gérer efficacement la situation délicate. Dans un troisième temps, les parents sont souvent mis au courant. On peut alors être amenés à discuter avec eux par téléphone pendant le séjour, et aussi à les rencontrer à la fin du séjour.

C’est l’association qui décide s’il y a renvoi des jeunes en fonction des faits relatés. Souvent deux choses jouent sur la prise de décision du renvoi du/des jeunes : est ce qu’ils se sont mis en danger ? Est ce que les jeunes reconnaissent être sortis du cadre ?

Même si nous sommes à l’étranger, même s’ils restent rares, les renvois existent, souvent à la charge des familles. C’est jamais facile comme situation à gérer. Et cela peut impacter le groupe. Encore une fois la communication reste la base de tout. Il ne faut pas sous-estimer les adolescents. Ils sont à même de comprendre certaines actions et reconnaître des faits non autorisés.

 

Comment réagissez-vous  s’il y a des vols entre jeunes ou dans un magasin, s’il y a des bagarres entre eux ?

Heureusement pour moi, je n’ai pas eu à vivre ces deux types de situations. Mais je peux essayer d’y répondre tout de même.

Si un vol est commis dans une boutique et qu’un de nos jeunes est suspecté, encore une fois la communication reste la base de tout. L’honnêteté doit primer en séjour aussi bien du côté des jeunes que du côté des adultes. « C’est donnant donnant » comme je dis souvent. Si le jeune avoue, la situation est alors facile. Le jeune ramène ce qu’il a volé et s’excuse. Si le jeune nie, plusieurs cas de figures sont possibles. Les réactions de la part de la boutique peuvent être multiples. Encore une fois nous ne sommes pas seuls. On ne prend pas d’initiative solitaire. On appelle la permanence de l’organisme qui saura encore une fois bien nous conseiller.

Même si le jeune est innocent, (il ne faut pas oublier que l’on peut être accusé à tort), une piqûre de rappel sur le fait que nous sommes des touristes, sur un autre territoire, et qu’on doit s’intégrer en discrétion et en faisant preuve de respect n’est jamais de trop =) Les jeunes sont capables d’entendre et de comprendre ce discours. Et c’est d’ailleurs un des grands objectifs des séjours itinérants : S’intégrer, respecter et comprendre la culture dans laquelle nous tentons de nous immerger.

En ce qui concerne la violence, les bagarres, je suis évidemment totalement contre. La violence ne résout rien. Une de nos missions d’éducation à l’étranger est l’apprendre à vivre ensemble. Ecouter l’autre, l’accepter avec ses différences, ses qualités, ses défauts, le respecter. On n’attend pas des jeunes qu’ils soient tous amis (ça peut arriver hein qu’un groupe s’éclate à 20, ça donne beaucoup de larmes à la fin <3). On attend d’eux en revanche qu’ils soient capables de vivre ensemble. Nous avons alors un rôle à jouer sur l’apprentissage de la tolérance, sur la gestion des conflits, sur la prise de distance… Chaque situation est différente. En séjour itinérant, la gestion de la fatigue et le fait qu’on soit H24 ensemble peut jouer sur nos nerfs… On a le droit et besoin par moment de se retrouver « seul ». D’où l’importance en tant qu’animateur d’être à l’écoute des jeunes et d’identifier leurs besoins. Et ce dans le but de préserver l’équilibre du groupe et que chacun puisse exister et trouver sa place dans le groupe.

 

Comment gérez-vous le tabac en séjour ?

Soyons honnêtes, c’est souvent ce qui est à l’origine des conflits lors d’un séjour. Cela fait souvent l’objet de longues négociations. Les adolescents ne réalisent pas qu’on est relativement bienveillants et souples sur ce sujet. A nous de prendre le temps suffisant pour leur expliquer et de leur faire prendre conscience sans s’énerver. Comme pour la drogue et l’alcool, dès le début du séjour le cadre est posé. On attend une transparence absolue. Qui est fumeur ? Combien de cigarettes as-tu l’habitude de fumer ? Il est hors de question qu’un non fumeur au départ du séjour rentre fumeur. Comme il est hors de question qu’un jeune fume plus en séjour que chez lui. Plusieurs règles sont non négociables : ne pas fumer pendant les activités, ne pas enchaîner deux cigarettes, ne pas fumer à côté des non fumeurs… En fonction de l’âge des jeunes on peut leur demander de venir nous prévenir lorsqu’ils fument. Des temps pour fumer sont alors établis en fonction du programme de la journée. C’est un cadre, décidé par l’équipe d’animation, qui se pose dès le début du séjour. Tous les directeurs ne fonctionnent pas de la même façon. Personnellement, je dis aux jeunes qu’il faut profiter d’être en colo où l’ennui n’est pas présent, pour baisser sa consommation. Et généralement cela fait plutôt échos. C’est rare que les gros fumeurs dépassent les 8 cigarettes quotidiennes. Certains penseront à juste titre que c’est encore beaucoup trop chez des jeunes. Mais encore une fois il n’y a pas de réponses idéales. Cela dépendra réellement des jeunes et de leurs réactions (seul ou en groupe).

 

Comment gérez-vous les relations amoureuses ?

Aaaaaah les amourettes d’été… qui n’a jamais connu ça ??? =)

Finalement ce n’est pas le plus difficile à gérer. Au contraire c’est souvent amusant de suivre leur rapprochement 🙂 C’est rigolo de les voir évoluer, se rapprocher, avec notre regard d’adulte. Encore une fois dès le départ le cadre est posé : la mixité dans les chambres est interdite. C’est la ligne de conduite adoptée par la plupart des organismes avec lesquels je travaille ! Donc pas de négociation possible. On doit savoir à tout moment où sont les jeunes et avec qui. Donc encore une fois une relation de confiance et une transparence absolue s’établissent et se construisent petit à petit. On devient aussi parfois des confidents en tant qu’animateur. Si des jeunes enfreignent le cadre, comme précédemment on discute avec eux, puis on prévient l’organisme qui nous dicte la conduite à tenir. Ce sont des réflexes à avoir.

Filles et garçons dorment donc dans des chambres différentes et utilisent des sanitaires différents. En bivouac, on peut faire dormir les garçons face aux filles (tête contre tête) pour limiter les tentatives de rapprochement dans la nuit.

 

 

Voilà voilà, j’espère que ces 4 gros points vous aideront et vous donneront confiance avant de partir à l’étranger. N’hésitez pas à partager l’article et me faire part de vos retours. Mes articles ne sont jamais figés. Je m’autorise toujours à les modifier et les enrichir de vos remarques 🙂

En ce mois d’OCTOBRE ROSE, une pensée pour toutes celles et ceux qui ont lutté ou luttent encore contre la maladie. Le 25 septembre 2017, un être, beaucoup trop jeune, s’est éteint après 3 longues années de combat. Certains n’ont pas la chance d’être en bonne santé… Alors que nous le soyons ou non, que nous le mesurions ou non…  La vie est courte… Le temps est précieux… Alors…

 

VIVONS AU PRESENT, SOYONS LIBRES, SOURIONS, AIMONS, AMUSONS-NOUS, SUIVONS NOS ENVIES QUOI QU’IL ARRIVE… VERS L’INFINI ET L’AU DELA. 

Je vous embrasse ❤

@lamonovadrouille

 

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5 commentaires sur “Comment gérer les écarts de conduite des adolescents en séjour ?

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  1. Salut super article. Juste une coquille: la loi française n’interdit pas la mixité dans les chambres. Elle peut être aménagée et ne doit pas gêner la non mixité que ce soit pour les chambres les douches ou les sanitaires. C’est à dire que le/la jeune Peut être dans un cadre mixte comme non mixte à son appréciation.

    La loi demande juste à ce que chaque jeunes est un moyen de couchage individuelle.

    Si on pense que c’est interdit c’est que les assos ne veulent pas s’emmerder avec.

    Mais prenons un exemple un cousin et une cousine qui part ensemble en séjour et se voit jamais en dehors. S’ils veulent dormir ensemble est-ce grave?

    Et puis prenons le problème de manière plus simple si un.e jeunes est homosexuel.les.

    La non-mixité ne règle pas le problème, si on peut appeler ça comme ça
    , dans ces cas-la.

    Aimé par 1 personne

    1. Salut François, merci pour ton commentaire.
      J’ai modifié la formulation =)
      Tu soulignes là très bien toute la complexité de la gestion de la mixité en séjour.
      N’hésites pas si tu as d’autres remarques. Sur cet article, comme sur les autres… N’hésites pas non plus à faire part de conseils ou autres. Et pour rebondir sur ce que tu écris, Justement comment gérerez tu des cousin/cousines de 17 ans qui souhaitent dormir ensemble. Si tu leur dis oui… autoriserais tu les autres membres du groupe à dormir ensemble quelque soit leur sexe ?
      Bien à toi.
      Laurie

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  2. Bonjour.

    Effectivement, la mixité n’est en rien interdite… D’ailleurs en général je ne m’emmerde pas a essayer de l’imposer.

    Le seul problème étant la non protection en cas de rapport éventuel, je me contente de mettre l’accent sur la prévention. Et je les laisse profiter de leurs vacances… 😉

    Aimé par 1 personne

  3. Salut,

    Grand débat autour de la mixité… même si j’ai déjà mon avis dessus… ^^
    Je n’ai jamais fait une colo, en étant anim’ comme jeune, où elle était autorisée ; bien que sur mon 1er séjour, on s’était dit qu’on gérerait les éventuelles demandes de mixité au cas par cas.
    Tiens d’ailleurs, sur mon deuxième séjour comme animateur, une collègue a failli surprendre deux adolescentes homosexuelles… Cela rejoint ce que dit François, l’interdiction de la mixité ne règle pas le supposé « problème » 🙂

    Pourquoi interdire aux jeunes quelque chose que l’on ne s’interdit pas, si on a les moyens de le faire ? Tant que ça ne les met pas en danger bien sûr (prévention au cas-par-cas). Sans même aller jusqu’à la question des relations sexuelles, quand j’étais gamin, je ne comprenais pas pourquoi la mixité était interdite : j’aurais préféré dormir avec des amies plutôt qu’avec d’autres garçons avec qui je partageais assez peu…

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  4. Bonjour
    Tout passage à l’acte d’un adolescent est difficile à gérer.
    Pour garder la main, la négociation s’impose donner de règles de vie simples avec lesquelles ils pourraient éventuellement les changer au risque qu’ils les enfreignent à vos dépends.

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